MLC© et la Cuirasse de Protection selon Vincent Bertrand

La Cuirasse de Protection se bâtit sur le besoin de protection face à la blessure fondamentale : blessure profonde face à l’amour, face à la vie.
Cela conduit à la séparation profonde d’avec notre vraie nature.
Pour ne pas sentir la douleur de cette blessure d’amour, nous entrons dans la sur-adaptation qui conduit à la création d’un « autre soi-même » (bon garçon, bonne fille).

C’est commue une protection à « double feuillet » : je me protège de ma blessure, mais en même temps je me coupe de mon élan vital, de ma créativité, du meilleur de moi.
C’est le filtre de la relation à soi-même et aux autres.
C’est pour cela que cette Cuirasse de Protection peut mener à la séparation avec soi, avec les autres.

Elle recouvre la Cuirasse du Mal Aimé (« qu’est-ce j’ai fait de mal ? ») et est soutenue par la Cuirasse Parentale (« que puis-je faire pour que mes parents m’aiment ? »).
Au fur et à mesure de la vie et des blessures elle se renforce (« la vie est difficile, il faut que je sois fort », « je n’ai pas besoin d’amour pour vivre ») pour conduire à la sur-adaptation (« tout va bien, je n’ai pas de problèmes », « je gère mes émotions »).

La Cuirasse de Protection est en partie décidée par la volonté : volonté de se bâtir un corps, de se construire une carapace pour se protéger de la souffrance. Elle renferme la peur : peur de souffrir, d’être vulnérable face à la vie, à l’amour, aux autres, à soi-même.

Le corps de la Cuirasse de Protection est un corps bâti. il est raide (même s’il peut parfois donner l’image d’une souplesse, mais une souplesse construite de l’extérieur), tonique. Mais c’et une tonicité qui cache un manque intérieur.
Il est dans le contrôle de sa respiration.

Dans le corps, la Cuirasse de Protection se lit au niveau de la fermeture des diaphragmes : « blocages respiratoires », mâchoires serrées, gorge serrée, céphalées de tension, tensions dans la région du périnée…

Apprivoiser son ombre de Jean Monbourquette

Une autre manière de parler de nos cuirasses…Un livre simple d’accès et dans lequel nous trouvons de quoi essayer d’y voir plus clair sur nous-mêmes et nos projections sur les autres. Il m’a été prêté par une naturopathe que je remercie chaleureusement !
Apprivoiser son ombre

« L’ombre c’est tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient par crainte d’être rejetés par les personnes qui ont joué un rôle déterminant dans notre éducation.
Nous avons eu peur de perdre leur affection en les décevant ou en créant un malaise par certains de nos comportements ou certains aspects de notre personnalité.
Nous avons tôt fait de discerner ce qui était acceptable à leurs yeux et ce qui ne l’était pas.
Alors, pour leur plaire, nous nous sommes empressés de reléguer de larges portions de nous-mêmes aux oubliettes de l’inconscient.
Sensibles à l’appréciation des autres, nous nous sommes montrés gentils, polis, corrects.
Et pour ce faire, nous avons dû refouler tout ce qui pouvait paraître déviant, honteux ou répréhensible.
Par besoin de reconnaissance, nous nous sommes conformés aux exigences, aux règles et aux lois de notre milieu.
Et nous nous sommes évertués à camoufler ce qui pouvait lui déplaire ou le choquer.
Nous avons tenu compte du fait que dans certains milieux, être serviable était bien vu tandis que penser à soi était considéré comme une attitude égoïste.
Obéir était valorisé, mais s’affirmer ne l’était pas du tout.
Être doux passait, mais se fâcher dérangeait ; dissimuler tout penchant sexuel était bien reçu, mais en manifester un tant soit peu était réprouvé, etc…
Peu à peu il se construit au fond de nous-mêmes un vaste monde souterrain fait de répressions et de refoulements accumulés au fil des années.
Nous nous sommes finalement retrouvés assis sur une sorte de volcan psychique qui menaçait d’entrer en éruption à tout moment.
Cette énergie psychique compressée, mais toujours vivante et active, nous l’appelons l’ombre.
«L’ombre , c’est cet obscur trésor fait d’éléments infantiles de l’être, de ses attachements, de ses symptômes névrotiques, enfin de ses talents et de ses dons non développés.
Elle assure le contact avec les profondeurs cachées de son âme, avec la vie, la vitalité et la créativité». (Liliane Frey-Rohn).
Loin d’être stérile ou inactive, cette entité sauvage et inculte de notre être exige sans cesse d’être reconnue et exploitée.
Malheur à ceux qui continuent d’en ignorer l’existence !
A la façon d’un torrent tumultueux, elle forcera, un jour, la porte d’entrée du conscient et elle l’envahira.
Au contraire, si nous lui faisons bon accueil, elle se laissera apprivoiser et elle nous révélera toute sa richesse. »

Voici donc en quoi consiste le travail d’apprivoisement de son ombre : il s’agit de réintégrer dans la zone du conscient les éléments occultés de son être et de se les réapproprier afin d’atteindre l’épanouissement le plus complet de sa personne.

Il est surtout important de travailler à la réintégration de son ombre, tant pour la croissance psychologique et sociale que pour le développement moral et spirituel ».

Jean MONBOURQUETTE – Prêtre et psychologue québécois

MLC© et les Cuirasses du Corps selon Sylvie Bérubé

 

« Il existe des cuirasses du corps, du cœur, de l’esprit et de l’âme des cuirasses physiques, émotionnelles, mentales et spirituelles.
Se libérer de ses cuirasses signifie naître à son corps, naître à son cœur, naître à son âme ».

Les cuirasses physiques empêchent le corps d’être souple et en bonne santé.
Les cuirasses émotionnelles empêchent le cœur d’aimer et d’être aimé, d’être calme et paisible.
Les cuirasses mentales empêchent l’esprit de comprendre et d’être conscient.
Les cuirasses spirituelles empêchent l’âme de découvrir sa raison d’être et de se réaliser.

Les cuirasses dans le corps

Généralement la peur cuirasse le corps alors que l’amour le détend.
La peur engendre des hormones de stress comme l’adrénaline, et l’amour crée des hormones de bien-être comme les endorphines.

Les émotions refoulées et retenues créent des cuirasses physiques dans certaines régions du corps :

La peur se loge principalement dans les cuirasses

  • pelvienne et abdominale (reins, intestins, bassin, jambes)
  • de protection (le diaphragme)
  • oculaire (les yeux).

La peine se retrouve principalement dans les cuirasses :

  • thoracique (la poitrine et les poumons)
  • oculaire (les yeux).

La rage se retrouve principalement dans les cuirasses :

  • orale (les mâchoires)
  • de protection (le foie)
  • pelvienne (le bassin et les pieds).

Les cuirasses du corps s’installent lorsqu’il y a danger et, à la longue, elles subissent le processus d’induration : elles deviennent dures et l’on se retrouve emprisonné sous ces armures, étouffant la Vie, étouffant qui on est, étouffant la féminité en nous.
Alors le corps crie !
D’où l’importance d’être à l’écoute de son corps.

« Ecoute ton corps ! » vous avez déjà entendu cette expression…

Extrait tiré du livre de Sylvie Bérubé – Praticienne et formatrice
« Dans le ventre d’Eve, à la découverte du féminin en soi »
dédicacé par Marie-Lise Labonté

Le Cerveau Magicien de Roland Jouvent

Lorsque nous nous remémorons une altercation ou la racontons, ne mêlons-nous pas ce que nous avons dit et ce que nous aurions dû dire ? Pour tirer notre épingle d’un jeu qui n’a pas tourné à notre avantage ? Le cerveau magicien, c’est cette capacité qu’a notre cerveau de nous donner une représentation de la réalité qui nous évite du stress ou du déplaisir et nous procure des satisfactions ou du plaisir. Roland Jouvent explique pourquoi et comment les troubles psychiques sont des atteintes de ce cerveau magicien. Lorsqu’il n’est plus capable d’opérer sa magie, notre psychisme, confronté de plein fouet à la réalité, se rétracte ou s’effondre. Cette nouvelle approche du cerveau, qui a valu à Roland Jouvent la médaille d’argent du CNRS, fait comprendre pourquoi la guerre des psychothérapies n’aura pas lieu. Psychanalyse, comportementalisme et psychotrope, chacun à sa manière redonne au cerveau ses pouvoirs magiques. Roland Jouvent est professeur de psychiatrie à l’université Paris-VI. Il dirige le Centre émotion du CNRS, à la Salpêtrière

« Ils sont nés ensemble, ils ont grandi ensemble, ils finiront ensemble.
A eu deux, ces cerveaux empilés rassemblent toute la machine cérébrale humaine.
Leurs compétences proviennent de deux périodes successives de l’évolution.
A priori, tout les oppose.
L’un est rapide, intuitif, sensuel, arrogant, expressif, méfiant, rancunier. Sa rapidité va de pair avec son intuition. Sa sensualité provient de ce que c’est lui qui a faim, qui a soif, qui a des désirs sexuels, qui se met en colère.
C’est lui qui commande la force physique et sexuelle. La base de son caractère, c’est sa mémoire. Sa méfiance est garante de sa sécurité. Le caractère rancunier en découle : l’hippocampe et l’amygdale coopèrent côte à côte pour analyser les événements nouveaux en déployant leur historicité. Dans un contexte donné, chaque événement peut être comparé à des événements antérieurs par le système d’alerte. Oublier ce qu’on sait, les déboires qu’on a pu connaître, c’est d’abord prendre un risque. La rancune, c’est aussi un système de survie, quitte à s’en départir ensuite. Cet appareil sous-cortical regroupe les cerveaux reptiliens coiffés de ceux des vieux mammifères de la description de MacLean (l’animal en nous associe les deux structures les plus anciennes du cerveau : le cerveau reptilien qui gère les fonctions vitales en particulier la vigilance et le cerveau paléo-mammalien qui regroupe les structures limbiques) . Enfoui à l’intérieur de l’appareil cérébral, il ne grossit plus. Nous l’appellerons le cheval.

L’autre est plus lent, réflexif, intelligent, raisonneur, logique, associatif, il planifie, fait des liens, symbolise, métaphorise, commente, bavarde, digresse. Il vient des primates. C’est le néocortex. Il ne cesse de grossir, de s’épaissir, devenant chaque siècle plus intelligent et plus performant. Nous l’appellerons le cavalier.

Tous deux sont à la fois irréductibles à une seule entité et inséparables. L’un ne peut fonctionner sans l’autre. C’est le cheval, l’ancien, qui a aidé le cavalier à se développer, qui lui a donné l’intelligence. C’est le cheval qui continue de baigner la pensée (les humeurs…). Puis les choses se sont inversées dans le mouvement de l’histoire du vivant. Quand l’intelligence a supplanté la force physique, le néocortex est devenu le maître cavalier, il a pris les commandes.

Mais le cavalier a deux handicaps. Il n’est pas assez rapide, pas assez spontané, trop réflexif, trop compliqué…La survie nécessite souvent la vivacité : pour éviter une voiture, un obstacle, pour se défendre, il ne faut pas trop réfléchir. L’autre lacune du cavalier tient au fait qu’il ne sait pas respirer la vie : il peut l’imaginer, la transformer, la métaphoriser, se la remémorer, il ne la vit pas.

Qu’il s’agisse de souvenirs remémorés, de pensées imaginaires, il ne peut les ressentir seul. Sorte d’ordinateur désincarné, il n’a pas de programme pour éprouver. En d’autres termes, le cortex cavalier ne sait pas jouir. Alors il doit demander au cheval de donner de la vie, du corps, des sens à ses pensées et à ses souvenirs. Le cavalier donne le sens, le cheval donne les sens.

Ils sont donc condamnés à vivre ensemble. Ils  ont appris, ils continuent d’apprendre à se connaître, à s’apprécier, à se supporter. Mais la règle de base est immuable. Le cavalier commande, il doit maîtriser sa monture… Il adresse des messages « par le haut » (top-down).  Le cheval éprouve avant de penser, toujours prêt à s’emballer et à réagir viscéralement. S’il a peur, il se cabre. D’origine ancienne, il envoie des informations « par le bas » (bottom-up).

De l’harmonie et de la complicité entre les deux compères dépend la magie humaine. »

Extrait tiré du livre « Le cerveau magicien » De la réalité au plaisir psychique de Roland Jouvent (Professeur en psychiatrie)

MLC© et La Blessure Fondamentale selon Marie Lise Labonté

« Pour que le cerveau ancien enregistre qu’il y a danger ou agression, il faut que les sens, soit la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût enregistrent une impression.
Cette onde, cette impression, une fois enregistrée par les sens, est transmise au cerveau qui à son tour la transmet à tout l’organisme.
Cela se produit en moins d’une seconde.
Dans le cas du fœtus, les impressions lui sont transmises par le liquide amniotique.
Que ce soit par la psyché de la mère, la voix du père ou les vibrations des autres membres de la famille présents autour de la mère, le fœtus perçoit s’il y a danger.
Le nouveau-né perçoit ces impressions par ses sens, même si l’on croit que ceux-ci ne sont pas encore développés dans leur totalité.
La vision, l’ouïe et le toucher sont les premiers organes de transmission des impressions à renseigner le nouveau-né sur une situation de danger ou d’agression.
Chez l’enfant en bas âge, ces impressions vont être enregistrées par les sens sous forme d’images visuelles, auditives ou kinesthésiques et se maintiendront sous la forme d’ondes impulsives qui se nomment émotions.
Le tout petit  peut passer de la colère à la joie en l’espace de quelques secondes.  L’onde impulsive sera transmise directement du cerveau ancien, au cerveau des émotions  et deviendra une émotion. Cette dernière, qui est associée à une impression visuelle, auditive, kinesthésique, gustative ou olfactive, ne fait que passer. Lorsqu’elle passe, une décharge hormonale qui sera détectable dans le sang est déclenchée par transmission nerveuse. Cette hormone correspondra à l’émotion de tristesse, de colère, de joie ou de satisfaction. » Tiré du livre  » Le Déclic » de Marie Lise Labonté

Nous vivons donc nos expériences avec tous nos sens, de manière consciente ou pas selon l’âge et le contexte.
L’émotion n’est pas la pensée. L’émotion est hormonale, elle est issue de l’empreinte que laisse dans notre psyché l’expérience  vécue .
Cette empreinte émotionnelle provoque des réactions physiques qui s’inscrivent dans notre corps et se diffuse dans notre sang.

La cuirasse fondamentale est la plus profonde.
Toutes les autres se construisent autour d’elle.
Elle est reliée à l’angoisse de la naissance, des premiers mois de vie.
Elle est collée aux muscles intrinsèques et reliée au tissu conjonctif.
Elle touche le tissu crânien, le système nerveux central et les muscles profonds des yeux.
Elle est enfouie dans la structure profonde du corps.